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" Allez ! Continue, fais pas ton cinéma ! " (Georges Rey à Louis Skorecki) Barbara
Glowcewska : Depuis deux jours, tout le monde a peur d'être
lésé dans l'histoire. La seconde journée du colloque s'annonce ainsi sous les meilleurs auspices : Georges Rey, président de séance, en appelle à l'auto-discipline, enjoignant ses collègues " à bien se tenir " Pour Fihman, " le déroulement de la séance d'hier a été perçu par beaucoup comme un recul " et l'ordre du jour est impraticable : " je ne vois pas comment d'ici 17 ou 18 heures, nous pouvons réexaminer chacune des formes d'aides et trouver des solutions ". En l'occurrence, et pour ce qui est de l'aide individuelle, Ahmet Kut propose de disposer les enveloppes contenant les fonds disponibles sur le sol, celles-ci revenant aux plus rapides, Mazé rappelle qu'il est opposé à toute forme de sélection et que la forme la plus acceptable serait une loterie, Skorecki suggère que Noguez choisisse seul les bénéficiaires et que " les membres de la p.f.c. et ceux qui font des films qui n'ont rien à voir avec le commerce, mais plus avec la peinture, soient financés par les mêmes mécanismes que les musées ". Gajos, patient, et partisan de l'ouverture, fait valoir qu'" il y a des tas de ministères qui sont concernés, ça va de l'Éducation Nationale à la Culture, je ne sais même pas si l'industrie ne serait pas concernée, ou même des firmes privées ". Insistant sur le fait qu'il n'est guère habituel à l'État de dire aux gens : " Faites-nous savoir ce que vous souhaiteriez ", il en arrive à admettre que l'exigence d'un interlocuteur unique est préférable, mais ne constitue pas pour autant une exigence absolue. Démocratie / armée rouge vs armée blanche / complot Guy
Fihman : Je propose que ceux qui pensent que l'atelier de
production n'est pas une solution se réunissent pour discuter
des vrais problèmes du cinéma indépendant expérimental. Tirer à pile ou face est en effet la solution qui fut employée la veille pour déterminer les priorités du débat. Alain Sudre a proposé de constituer deux groupes de travail. Fihman n'est " pas contre l'atelier collectif, on s'en fout en fait, allez-y, mais nous on s'emmerde là, c'est pénible en plus, on n'avance pas ! ". Pour Dominique Willoughby, membre de la p.f.c., " ce n'est pas la peine qu'on soit ensemble puisqu'on n'a visiblement pas les mêmes intérêts, ni les mêmes pratiques, si c'est pour exclure les projets des autres " Gajos, fatigué et impuissant, a entériné la possibilité d'un hydre à plusieurs têtes en lieu et place de l'" unification des demandes ", ouvrant la voie à la scission des anti-collectivistes. " Le problème est que tout le monde est intéressé par l'aide individuelle ", et surtout ses modalités d'attribution, dixit Meichler, Mazé, Martedi et quelques autres, qui sont donc fermement opposés à la constitution d'un second groupe de travail. Ils sont également contre le fait de voter, proposition finalement formulée par Noguez et Skorecki en vue de débloquer la situation. Fihman est " tout à fait pour le fonctionnement démocratique, mais c'est pas un problème de vote, c'est un problème d'intérêt ". Le vote est donc reporté à plus tard. " Le refus de vote, levez le doigt ! " (Georges Rey) Yves
Rollin : On vous demande de penser à l'évolution
du cinéma indépendant, et non à des problèmes
de pouvoir ! À mesure que la fin du colloque approche, la question n'est plus tant de discuter des modalités des différents types d'aide que de poser " celle de la structure commune, fédération de groupes, de coopératives, association de cinéastes " (Jean-Pierre Ceton). Dominique Noguez propose de créer " une association des cinéastes expérimentaux et indépendants ", Mazé y rajoute le terme " différents " afin de négocier avec le c.n.c. et, plus largement, de contribuer au " développement du cinéma indépendant, différent, expérimental, à tous les niveaux de sa production et de sa diffusion ". Les statuts et l'objet de cette association ne sont pas exposés qu'il s'agit déjà de voter, ce que contestent énergiquement les " sécessionnistes ", qui n'auront de cesse d'essayer de bloquer le vote. Pour Guy Fihman, il n'y a pas de " convergence entre les cinéastes indépendants expérimentaux et les cinéastes différents mais il y a une convergence dans la demande ". Pour maintenir les " spécificités " et l'" hétérogénéité des pratiques ", il propose donc de mettre en place deux structures séparées, avec une présentation unitaire des différentes demandes, une répartition entre les deux de l'enveloppe globale et un bureau commun. Le vote (à main levée) se passe finalement dans l'urgence, le désordre, sinon le n'importe quoi. Quarante-trois votent la création de l'acide, treize ont voté un " refus de vote " (!) et proposent de monter une autre association, Georges Rey, en tant que président de séance, ainsi que d'autres Lyonnais, passablement fatigués ou dépassés par ce qui ressemble fort à des querelles parisiano-parisiennes, s'abstiennent " Mais on vous a pas exclu ! " (Alain Bonnamy) Claudine
Eizykman : Je trouve dommage que le problème de l'aide
directe ne concerne (que) peu de personnes si ce n'est ceux qui pensent
en termes de menteurs, d'escrocs, de gâteau. Si Noguez regrette que l'" on retrouve le clivage existant entre, en gros, la Paris Films Coop d'une part et les autres d'autre part, or on est précisément là pour arriver à une position commune, c'était le but du colloque ", Eizykman pense que le fait d'" être toujours ensemble n'est pas la meilleure façon de surmonter ce vieux contentieux ". Pour David Wharry, cette tentative de scission ne recouvre jamais qu'une " subvention totalement autonome et spéciale à la Paris Films Coop " et tout le monde, d'un côté comme de l'autre, dénonce le coup de force. |